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Les naufragés

Les naufragés

"Nous les côtoyons tous les jours. Souvent ils sont ivres et peinent à mendier. Ils sentent mauvais, vocifèrent et font un peu peur. Nos regards se détournent. Qui sont ces marginaux aux visages ravagés ? Des exclus ? Des pauvres ? Ce sont les clochards. Fous d'exclusion. Fous de pauvreté. Fous d'alcool. Et victimes surtout. De la société et de ses lois. Du marché du travail et de ses contraintes. Mais au-delà, c'est contre la vie même qu'ils se révoltent. C'est elle qu'ils combattent. C'est elle qu'ils haïssent. Hallucinés, ivres, malades, c'est un autre et impossible ailleurs dont ils s'obstinent à rêver furieusement."
Telle est la présentation de l'éditeur pour cet ouvrage qui sort de l'ordinaire.
"Les naufragés", écrit par Patrick Declerck, est un terrible constat sur le clochardisme qui hante la capitale française.
Abreuvée de témoignages, de récits, d'illustrations et de photos éprouvantes, cette oeuvre met dans la lumière ce que la société se refuse d'admettre.
Ces SDF qui vivent dans la rue, dans les taudis, dans les metros, ou dans des cliniques, font partie de ces victimes les plus frappées par le vice humain, le vice d'un monde qui ne privilégie que le pouvoir d'achat, la consommation et la concurrence économique.
Mais au-delà d'un simple manifeste politiquement engagé, cet ouvrage se destine à nous montrer le visage cauchemardesque d'une vie qui ronge ces sans-abris de l'intérieur comme de l'extérieur d'eux-même.
Affaiblis par la faim, sales à cause de la mauvaise hygiène, maladifs du fait des abus d'alcool et des drogues, défigurés par les nombreuses bagarres de rue et les affrontements avec les forces de l'ordre, ces individus doivent surmonter une souffrance et une douleur permanantes s'ils veulent survivre face à cette déchéance physique et psychologique. Un isolement quotidien et une degradation de plus en plus marquée se chargent de les consumer et de les anéantir lentement mais surement.
"Les naufragés" est en fait cette bible de l'autodestruction dont l'humanité entière a besoin, ce recueil sur la grande depression acheminant vers un abominable et interminable suicide, suicide qui se réalise non pas par choix, mais par nécessité pour fuir ce monde pathétique où tout est injuste et cruel.
Le SDF est un condamné qui ne peut que se soumettre à la désocialisation et à l'abaissement vers les bas-fonds où la dignité n'est plus de mise et où la violence, la barbarie et la brutalité sont les seuls caractères qui soient valables.
Une vraie descente dans les plus bas échelons de la société moderne, un vrai pavé dénonçant cette automutilation obligée et incontournable, voulue par les autres hommes.

# Posté le mercredi 27 juillet 2005 13:02

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