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Collectif Savigny Rebelle

Alors, voilà, je mets un article sur la mairie de ma ville qui a fait preuve d'actes scandaleux et révoltants au cours de ces dernières années.
Il y 2 ans et quelques mois, le gouvernement français, avec à sa tête Jean-Pierre Raffarin, a décidé de mettre en place une réforme importante sur les retraites et sur le service scolaire, ce qui a entrainé d'importantes manifestations et des contestations de part et d'autre dans la France entière.
A Savigny, notre député-maire de l'UMP a imposé une "repression" au sein de la ville.
Dans toutes les écoles maternelles, primaires, les collèges et les lycées de la ville, les élèves, les enseignants et les parents d'élèves avaient accroché des banderoles à l'entrée des établissements. Le maire a envoyé des CRS enlever et déchirer les banderoles, et violenter ceux qui tenteraient d'en remettre. Des patrouilles ont été envoyées partout dans les rues pour mater les contestataires et leur inspirer une crainte d'une insurrection municipale.
A la MJC de la ville, un groupe de chanteuses, le "Quartet Buccal", joue lors d'un festival organisé dans la grande rue, et après avoir livré une splendide interprétation, discourte sur la réforme des retraites et appelle à persister dans la contestation vis-à-vis du gouvernement. Résultat, mon héros de maire, apprenant les faits, menace d'expulser ce groupe de sa municipalité. Il pose un ultimatum à la MJC: soit cette dernière met fin au contrat du "Quartet Buccal" qui le lie au service culturel de la ville, soit la mairie supprime toutes ses subventions à la MJC, ce qui représente une perte de 95 % de son budget pour faire fonctionner et organiser ses activités culturelles.
La MJC, la main sous la gorge, doit se plier aux exigences de la mairie et met un terme au contrat du "Quartet Buccal". Et la liberté d'expression, elle est passée où?

2 ans plus tard, alors que la réforme des retraites a été appliquée et que la réforme Fillon sur l'éducation nationale fait grand débat au sein de l'opinion publique, notre cher maire (qui occupe ce poste depuis 24 ans!) reçoit dans sa ville deux familles congolaises venues se réfugier pour fuir la guerre civile qui grandit dans leur pays natal.
Mais, comme ces deux familles sont sans papiers, Monsieur le Maire bien-aimé leur interdit tout accès aux services publics de la ville, et leur fait comprendre qu'ils ne sont pas les bienvenus à Savigny. Leurs enfants ne peuvent donc pas aller à l'école publique, les parents ne peuvent bénificier de bourses, d'aides financières.
"C'est légitime" selon les dires du très honoré Maire.
Coup de tonnerre, fureur dans les rangs, le collectif Savigny Rebelle, auquel ma mère participe, qui a été bati depuis plusieurs années pour s'opposer à la politique de Mr le Maire et faire pression sur son administration, décide de manifester le mécontement des saviniens par rapport à cette forme d'exclusion digne d'un maire du FN ou du MNR.
Le 17 juin dernier, durant une commération faite devant la mairie en l'honneur de l'appel du Général De Gaulle le 18 juin 1940, nous sommes venus à 28 pour demander des comptes à Mr le député-maire qui régit la ville en tyran. Arrivés sur la place de la Mairie, alors que notre très aimé chef est en train de prononcer un discours rendant hommage à De Gaulle, alors qu'une gigantesque affiche de Jean Moulin est placardée sur la porte de la salle des fêtes, alors qu'un orchestre joue la Marseillaise de façon nationaliste, nous nous revettons de tee-shirts blancs avec un slogan écrit en bleu "Droit à l'école pour chaque enfant".
Evidemment, cela n'est passé inaperçu aux yeux de personne.
Mr Le Maire a fini son discours, pendant que nous respections la cérémonie et ne disions rien, et a serré la main à des ambassadeurs. A ses cotés, les 2 représentants du Parti socialiste qui travaillent à la mairie étaient en train de lui embrasser les pieds.
Quand ces 2 traitres sont passés devant nous, ils ne nous pas dit un mot, même pas regardé dans les yeux, fait un signe de la tête.
Une fois que la commération s'est achevée, tout le monde est parti, mais nous sommes restés face au Maire, ne bougeant pas d'un cil.
Ce dernier est venu vers nous de manière aggressive et nous a demandé de partir. Mais comme il a vu que nous étions quand même une trentaine, il s'est calmé et a accepté de dialoguer, peut-être pour se faire bien voir de ses électeurs qui étaient encore sur les lieux, et esperer en obtenir d'autres et promouvoir sa prochaine campagne électorale.
Nous avons posé nos revendications, lui disait que ces familles "clandestinnes" ne pouvaient en aucun cas bénificier des institutions françaises puisqu'ils n'étaient pas de branche nationale. Peu à peu, notre maire, visiblement sous l'effet d'alcool ou d'un antidepresseur, divague, begaye, tente bien que mal de nous charmer avec un speech digne d'un acteur de mauvais vaudevilles, bute et hésite tout le temps sur ce qu'il veut dire. Bref, notre homme est court d'arguments, et essaye de nous faire croire qu'il peut encore tenir face à notre pression en hurlant: "Mais attendez, attendez!... Attendez... Laissez-moi finir!...". Bref, comme s'il espère nous séduire, voilà que notre ami se met à tous nous tutoyer, à nous donner des tapes amicales sur l'épaule, à nous appeler par des surnoms censés être sympathiques du genre: "Ma cocotte! Mon copain! Mes amis!"
Comme nous insistons, le maire prend à part l'un des rebelles, et lui montre l'affiche de Jean Moulin du doigt en disant: "Tu vois cet homme là-bas? C'est un citoyen modèle, un homme qui est mort pour son pays, pour sauver la France, malgré la torture. C'est l'exemple même à suivre de notre nation. Et toi, avec tes copains, tu viens gacher notre hommage?"
Puis, coup d'éclat, le maire affirme qu'il n'est pas au courant du cas de ces 2 familles congolaises, et accepte de rouvrir leur dossier et étudier leur cas. Pour garantir qu'il tiendra promesse, il signe l'un de nos tee-shirts par "Bon pour accord", essaye de nous serrer la main, et prend ses clics et ses clacs.
Nous, on reste très sceptiques. Nos tee-shirts sont soigneusement rangés, mais prêts à être réendossés si notre vénérable député-maire ne tient pas ses engagements.
2 mois et demi plus tard, les enfants ont été reçus à l'école...de Juvisy, ville voisine!
En effet, les familles avaient prit rendez-vous à la mairie de Savigny pour scolariser les enfants, mais ce RDV était le 5 septembre, soit 3 jours après la rentrée des classes, ce qui signifiait que les enfants ne pourraient pas y aller avant plusieurs semaines. Heureusement, les deux familles avaient prit l'initiative de faire une autre démarche en parallèle à la mairie de Juvisy.
Le maire savignien a gagné, il n'a pas respecté sa promesse, et ça n'est plus son problème.
Le collectif Savigny Rebelle a décidé d'écrire une lettre ouvert qu'ils enverront à la Mairie, au Conseil Général de Savigny, au Conseil Départemental et même Régional.
Or, il se trouve que le collectif comprend dans son ensemble des membres de la FCPE.
A la fête des associations, le Maire a été au stand de cette fédération de parents d'élèves, a insulté tous ceux qu'il a reconnu, a annoncé que désormais, la journée des metiers que la FCPE se prend le soin d'organiser au stade municipal serait désormais interdite, ou plutot payante, de l'ordre de 350 euros pour louer le stade, à moins de laisser tomber l'affaire avec les deux familles congolaises "clandestinnes" comme il le dit si bien.
Pour ma part, je refuse de céder à ce chantage, et j'estime que mon vénéré Maire baigne en pleine magouille. Nous devons exploiter ce chantage comme une faiblesse de sa part, ainsi que d'autres affaires douteuses et illégitimes, afin qu'il ne gagne pas les élections municipales prochaines qui se tiendront en 2007.
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# Posté le lundi 12 septembre 2005 11:09

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