Inspiré de faits-divers, le scénario relate un drame social, froid et urbain.
Trevor Garfield (joué par Samuel L. Jackson qui tient la son rôle le plus tragique) est un professeur de biologie passionné par son métier jusqu'au jour où l'un de ses élèves, après l'avoir menacé, le plante de 12 coups de pic à glace dans son lycée à Brooklyn, et le laisse dans un état critique.
15 mois plus tard, après avoir survécu à ses blessures, Garfield tente de reprendre son métier dans un établissement de la banlieue de Los Angeles. Malheureusement, Trevor va se retrouver à nouveau confronté à la violence, et, meurtri, ravagé intérieurement, il décide de se faire justice lui-même. Peu à peu, il sombre dans une descente aux enfers d'où il ne pourra plus en sortir.
Thriller choc, qui a été très vite retiré des salles américaines à cause de sa morale très ambigue et de la violence psychologique qui se dégage de ce film, 187 Code Meurtre est une oeuvre très étouffante, menée par d'excellents comédiens, et par une mise en scène qui place en avant le jeu de scène de Samuel L. Jackson, qui livre une interprétation hors du commun, perdu dans une tristesse, dans un desespoir palpable. Face à lui, des délinquants également bien joués par Clinfton Gonzalez Gonzalez et Lobo Sebastien entre autre sont ses démons intérieurs, et l'enfoncent dans une haine et l'incitent à la vengeance personnelle.
Kevin Reynolds, qui d'habitude s'aime à réaliser des grosses productions hollywoodiennes (Robin des Bois, Waterworld), s'essaye à un registre plus personnel et vise juste.
Ses plans sont bien cadrés, la lumière distillée à travers la caméra permet de rendre l'ambiance écrasante, absorbant la chaleur de Los Angeles et le malaise social qui s'en ressent. Alors, certes, le scénario laisse parfois place à des scènes un peu maladroites, mais quoi qu'il en soit, la peur est présente, l'angoisse, la crainte, et le mal-être ressurgissent au fin fond du spectateur, rendus plus intenses au fur et à mesure que l'histoire bascule de plus en plus, pour finalement nous laisser hagards et sonnés dans un climax (scène où la tension est au plus haut grade) surprenant et inattendu, qui enfonce définitivement le clou, sans lueur d'espoir, sans message constructif.
La musique du film (Massive Attack, Madredeus) permet d'accentuer le coté très sombre et ajoute à la tension.
Et quand le générique de fin apparait, il faut un certain temps pour revenir à une réalité qui nous semble triste et mélancolique.
L'impact que 187 Code Meurtre a eu sur moi fut tel qu'après l'avoir vu, je sentais que je n'étais plus le même, quelque chose était remonté en moi, et un sentiment de malaise emergea pour ne plus jamais me quitter.
Kevin Reynolds a donc ainsi réalisé une oeuvre obscure, sinistre, mais qui impose une certaine reflexion, et soulève l'un des nombreux débats qui entourent la société américaine avec cette désolante dégradation sociale que le film soulève de façon assez subtile.
