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DMX: fin d'une idéologie

DMX: fin d'une idéologie
Si je reprends la plume pour écrire un nouvel article, c'est bien pour exprimer mon dégout et mon désespoir face à DMX, autrefois icône pour moi.
En effet, depuis quelque temps, j'ai le sentiment que Earl Simmons (de son vrai nom) a tendance à s'enfoncer de plus en plus dans des embrouilles complètement futiles et qui ne valent pas la peine d'y attacher de l'importance.
En Juin 2004, le rappeur américain, qui devait partir faire une tournée en Europe, trouve le moyen de se faire remarquer en pétant les plombs dans le parking de l'aéroport JFK à New-York. S'étant fait passé pour un agent du FBI, DMX s'est effrité avec le conducteur d'un pick-up qui le genait, et s'est déchainé sur tous les agents de sécurité qui sont venus pour tenter de le calmer. Risquant 7 ans de prison, le multi-platiné a été également trainé en justice par une femme avec qui il a eu une aventure, finissant par la naissance d'un enfant non déclaré. Earl Simmons a coupé tout contact avec elle, sans même l'aider financièrement.
Peu valorisant pour quelqu'un qui voulait devenir pasteur et se retrouver à travers les mots de Dieu.
Et ce n'est que le début des faits-divers, puisque qu'en début 2005, DMX va provoquer un nouvel incident sur une voie rapide dans le Bronx, causant un énorme carambolage, et envoyant du même coup plusieurs personnes à l'hopital.
Par la suite, DMX a déclaré qu'il voulait revenir dans le milieu du rap, annonçant un nouvel album pour la fin de l'année, intitulé "Here We Go Again".
Il enregistre de nouveaux morceaux, très loin de la qualité de ses anciens titres hardcores.
En Septembre 2005, Earl Simmons organise une tournée européenne, avec des dates en Allemagne et en France. A Francfort, quelques jours avant de rejoindre Paris, DMX fait un show-case dans une boite de nuit. A peine a-t-il fini son mini-concert que deux amateurs de rap l'accostent et lui disent que sa musique est pas mal, mais qu'ils préfèrent Lil Jon.
Le rappeur new-yorkais pique une crise et frappe l'un des deux fans, laissant par la suite le soin à ses gardes du corps de finir le travail.
Depuis 15 jours, les ventes de billets pour le concert du Dark Man à Paris étaient ouvertes. Mais j'ai refusé d'aller le voir, après hésitation. Ce type, s'il m'avait beaucoup marqué dans mon adolescence, ne m'inspirait plus de respect.
En Septembre 2003, il était venu à l'Elysée Montmartre, il était monté sur scène pour faire un medley de quelques-uns de ses tubes, puis s'était barré au bout d'une petite demi-heure. Je ne voulais pas dépenser mon fric pour le voir refaire le même genre de prestation baclée.
29 septembre 2005, jour J. Mon estomac me fait mal pendant toute la journée. Je commence à regretter de ne pas avoir été allé acheter un billet. Je suis pris de remords.
Vers 23h, je me dis: "J'espère au moins qu'il a fait une remarquable perfomance"
C'est alors que j'apprends que DMX a carotté son public, que non seulement il n'est pas venu à Paris, mais qu'en plus il n'a prévenu personne de son absence.
L'Elysée Montmarte, sidéré par la nouvelle, s'est transformé en scène d'émeute.
Tous ceux qui s'étaient déplacés ont été écoeurés de Earl Simmons.
Décidemment, ce gars-là ne respecte rien ni personne. Il a fait un séjour d'un mois et demi en prison en décembre 2005.
Et fin janvier 2006, DMX se repointe devant tout le monde en criant à qui veut l'entendre qu'il est sur le chemin de la rédemption, et promet un album du tonnerre de Dieu pour l'Eté 2006. Et n'hésite pas à utiliser des métaphores totalement hors de propos pour clasher Jay-Z et Def Jam, qu'il accuse d'avoir rompu son contrat d'artiste.
Il dira sur une chaine de radio, avec Cam'Ron à ses cotés (citons au passage que Cam'ron est l'un des plus mauvais rappeurs de sa génération):
« Tu seras les USA, moi l'Angleterre et nous allons tous les maitriser, - comment déjà - Iran ?, Irak ?, nous allons prendre le contrôle du Moyen Orient ! », poursuit-il dans ce que l'on peut assimiler à une attaque directe contre « Jay-Z and co ». « Nous enverrons les troupes pour faire bouger les choses », a répondu Cam.
Pathétique.
Alors, si j'ai dit tout ça, c'est pour quoi?
Pour dire à quel point ça me déprime de voir que les gens en qui j'ai de l'estime partent en vrille, se discréditent, veulent se réapproprier de l'importance, et essayent par-dessus tout de conserver leur image, quitte à pisser sur ceux qui les admirent.
Ainsi meurt une idéologie que je nourrissais au plus profond de mon âme jusque là, et ainsi nait une nouvelle vision, celle pleine d'amertude et de désarroi.
Je me rends compte que nous ne pouvons compter sur personne d'autre que sur soi-même, et que faire confiance à autrui, ou lui accorder un trop grand respect, ne peut que nous nuire.
# Posté le lundi 17 avril 2006 15:48

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